Architecture / Étude de cas

Central Saint Martins Londres

  • Transformation architecturale spectaculaire d’un grenier victorien par Stanton Williams.
  • Espace central « La Rue » favorisant les échanges interdisciplinaires et la lumière.
  • Implantation stratégique au cœur de la régénération urbaine de King’s Cross.

En bref

  • Transformation architecturale spectaculaire d’un grenier victorien par Stanton Williams.
  • Espace central « La Rue » favorisant les échanges interdisciplinaires et la lumière.
  • Implantation stratégique au cœur de la régénération urbaine de King’s Cross.

Le quartier de King’s Cross a connu une métamorphose radicale au cours de la dernière décennie, et le bâtiment de la Central Saint Martins Londres en est la figure de proue. Installée dans le Granary Building, cette institution occupe un complexe industriel réhabilité qui fascine les amateurs d’architecture et de design du monde entier. L’alliance entre la brique victorienne et les structures contemporaines crée une atmosphère propice à la création.

Ce lieu ne se contente pas d’abriter des salles de classe, il incarne une vision spatiale de l’enseignement artistique. L’architecture intérieure, pensée pour la transparence et la fluidité, influence directement la manière dont les projets prennent vie. Visiter les alentours ou comprendre la structure de ce bâtiment offre une leçon magistrale sur la réutilisation adaptative du patrimoine industriel.

L’histoire du Granary Building

Le bâtiment principal, construit en 1851 par l’architecte Lewis Cubitt, servait initialement de grenier à blé. Sa fonction première était le stockage et le transfert de céréales arrivant par train depuis le Lincolnshire vers les boulangeries londoniennes. Cette dimension utilitaire et robuste se lit encore aujourd’hui dans l’épaisseur des murs et la monumentalité de la structure.

Le site a traversé des décennies d’usage industriel avant de tomber en désuétude vers la fin du XXe siècle. La zone de King’s Cross était alors une friche urbaine peu fréquentable, bien loin de l’effervescence culturelle actuelle. Le choix d’y implanter une école d’art de renommée mondiale a marqué le point de départ d’une des plus grandes régénérations urbaines d’Europe.

La conservation des éléments historiques n’était pas seulement une contrainte légale, mais un choix esthétique fort. Les traces du passé, comme les rails au sol ou les treuils, ont été intégrées au nouveau design. Cette approche ancre le bâtiment dans son histoire tout en lui offrant une seconde vie tournée vers l’avenir et l’innovation.

La rénovation par Stanton Williams

L’agence d’architecture Stanton Williams a relevé le défi de transformer ce colosse de briques en un espace lumineux et fonctionnel. Le projet, achevé en 2011, a nécessité une compréhension fine des volumes existants pour y intégrer les besoins complexes d’une école d’art moderne. L’intervention architecturale se distingue par sa sobriété et son respect de l’existant.

  • L’unification des volumes : Deux anciens bâtiments de transit ont été reliés par une structure centrale moderne.
  • La toiture en ETFE : Un matériau translucide léger remplace les toits lourds pour baigner l’intérieur de lumière naturelle.
  • La préservation des façades : Les murs de briques d’origine ont été nettoyés et stabilisés sans perdre leur patine séculaire.

Cette rénovation a reçu de nombreux prix pour sa capacité à créer un dialogue entre l’ancien et le nouveau. L’utilisation du béton brut et de l’acier noir contraste harmonieusement avec la brique jaune typique de Londres. Ce vocabulaire matériel brut sert de toile de fond neutre aux expérimentations colorées des étudiants.

Le concept de la rue intérieure

L’élément le plus marquant de l’architecture intérieure est sans doute l’immense atrium central. Les architectes l’ont baptisé « The Street » (La Rue). Cet espace de 110 mètres de long sur 12 mètres de large n’est pas un simple couloir, mais le véritable cœur battant de l’édifice. Il connecte les différents départements et niveaux.

La conception de cet espace favorise les rencontres fortuites et les échanges informels. Des passerelles traversent le vide, offrant des points de vue plongeants sur les activités en contrebas. Les parois vitrées des ateliers permettent de voir le travail en cours, brisant les silos traditionnels entre la mode, le graphisme et le design industriel.

L’éclairage zénithal joue un rôle crucial dans la perception de ce volume gigantesque. La lumière changeante de Londres modifie l’ambiance de la « Rue » tout au long de la journée. Le mobilier, souvent modulable, permet aux étudiants de s’approprier l’espace pour des expositions éphémères ou des rassemblements spontanés.

Rayonnement international et mobilité

La réputation de l’établissement attire des profils créatifs des cinq continents. Cette mixité culturelle enrichit considérablement la production artistique au sein des ateliers. Les étudiants apportent avec eux des influences variées, créant un langage visuel hybride et novateur qui s’exporte ensuite dans le monde entier.

L’ouverture sur l’international est une composante majeure du parcours de nombreux designers. Envisager des études design à l’étranger permet souvent de confronter sa vision à d’autres pédagogies et cultures architecturales. Le brassage qui s’opère dans les couloirs du Granary Building témoigne de cette dynamique globale.

Les anciens élèves de l’école occupent souvent des postes clés dans les plus grandes maisons de couture et agences d’architecture. Ce réseau puissant renforce l’attractivité du lieu. Le bâtiment lui-même est devenu un symbole de réussite et d’avant-garde, attirant les recruteurs qui viennent y repérer les talents de demain lors des expositions de fin d’année.

Les espaces d’exposition et la Lethaby Gallery

Contrairement à de nombreuses institutions fermées sur elles-mêmes, le bâtiment invite le public à entrer. La Lethaby Gallery, située près de l’entrée principale, est la vitrine officielle des travaux réalisés sur place. Elle propose une programmation régulière mettant en avant l’innovation et la recherche.

  • Accessibilité : L’entrée est généralement gratuite et ouverte aux visiteurs curieux.
  • Programmation : Des expositions tournantes présentent les projets des étudiants et des anciens élèves.
  • Visibilité : De grandes baies vitrées donnent sur la place Granary Square, attirant les passants.

Cet espace d’exposition sert de pont entre le monde académique et le grand public. Il permet de démystifier le processus créatif en montrant non seulement des œuvres finies, mais parfois des étapes de recherche. L’architecture de la galerie, sobre et modulable, s’adapte à toutes les formes d’art, de la sculpture monumentale à l’installation numérique.

L’impact sur le quartier de King’s Cross

L’arrivée de l’école a agi comme un catalyseur pour tout le quartier. Autour du Granary Building, des espaces publics de qualité ont émergé. Granary Square, avec ses fontaines animées, est devenu un lieu de rendez-vous populaire pour les Londoniens, bien au-delà de la communauté étudiante.

De nouveaux commerces et restaurants se sont installés dans les arches voisines et à Coal Drops Yard. L’architecture de ces nouveaux lieux répond à celle de l’école, créant un ensemble urbain cohérent. Le mélange entre les étudiants, les professionnels des bureaux voisins et les touristes crée une atmosphère vibrante et sécurisante.

Le développement durable a également guidé l’aménagement du quartier. La réutilisation des bâtiments existants réduit l’empreinte carbone par rapport à une démolition-reconstruction. Les espaces verts et les bords du Regent’s Canal ont été aménagés pour offrir des zones de respiration au cœur de la densité urbaine.

Méthodes d’apprentissage et environnement

L’environnement physique de la Central Saint Martins favorise une approche pratique et collaborative. Les ateliers sont équipés de technologies de pointe côtoyant des outils traditionnels. Cette dualité se reflète dans l’architecture : des murs bruts accueillent des écrans haute définition et des machines de découpe laser.

Cependant, ce modèle d’immersion totale dans un lieu physique n’est pas la seule voie vers la créativité. Certains profils préfèrent des rythmes différents ou ne peuvent se déplacer à Londres. Il est tout à fait possible de apprendre par correspondance les fondamentaux du design et de l’architecture d’intérieur. Les outils numériques actuels permettent de développer un portfolio solide à distance, bien que l’expérience spatiale du Granary Building reste singulière.

La bibliothèque du bâtiment mérite également une mention spéciale. Elle offre des espaces de travail silencieux avec vue sur le canal. C’est un contrepoint nécessaire à l’effervescence de la « Rue », prouvant que l’architecture doit savoir gérer les différents temps de la création : l’échange bruyant et la concentration solitaire.

Questions fréquentes sur Central Saint Martins Londres

Peut-on visiter l’intérieur du bâtiment ?

L’accès aux ateliers et aux salles de cours est réservé aux étudiants et au personnel pour des raisons de sécurité et de calme. Toutefois, le public peut accéder librement au hall d’accueil, à la Lethaby Gallery et au café situé à l’entrée. Des journées portes ouvertes sont organisées ponctuellement pour une visite plus approfondie.

Qui est l’architecte derrière la rénovation ?

Le projet de transformation du Granary Building a été mené par le cabinet d’architecture britannique Stanton Williams. Ils ont travaillé en collaboration avec les structures historiques pour adapter le bâtiment aux besoins d’une école d’art moderne tout en respectant son héritage industriel victorien.

Quels sont les matériaux dominants de l’architecture ?

L’esthétique du bâtiment repose sur un dialogue entre les matériaux d’origine et les ajouts contemporains. On retrouve principalement la brique jaune de Londres, la charpente en fonte, le béton brut, l’acier noir et le verre. Le bois est également utilisé pour apporter de la chaleur dans certains espaces intérieurs.

Où se situe exactement le bâtiment ?

L’école se trouve au 1 Granary Square, dans le quartier de King’s Cross (code postal N1C 4AA). Elle est située juste au nord de la gare internationale de St Pancras et de la gare de King’s Cross, bordée par le Regent’s Canal, ce qui la rend très facile d’accès en transports en commun.

Quelle était la fonction du bâtiment avant l’école ?

Construit au milieu du XIXe siècle, le Granary Building servait d’entrepôt de stockage pour le blé. Les grains arrivaient par train directement dans le bâtiment avant d’être transbordés sur des barges via le canal ou distribués par charrette dans toute la ville de Londres pour la production de pain.

Écrit par

Paul

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